Chineuse, brocanteuse et aussi mosaïste, j’ai depuis l’enfance une tendresse toute particulière pour les objets populaires, et le soin et l’esthétique apportés aux plus simples et pratiques choses du quotidien.

Lorsque je parcours les allées d’un vide grenier de village, que je débarrasse une grange ou que je chine chez un confrère ou une consoeur, mes yeux se posent immanquablement sur les piles d’assiettes qui ont accueilli autrefois tant de mets pour autant de moments partagés. 

Alors les fêlures de certaines assiettes, les tâches qui couvrent parfois les motifs ou les éclats qui ont condamné à jamais un service mille fois utilisé, sont autant de défauts que je perçois mais ne gâchent en rien à mes yeux la délicate beauté de l’objet.

Mon regard isole une fleur, une feuille, une forme, une scène, une frise stylisée, un tracé géométrique. 

Alors l’assiette prend une nouvelle dimension, elle est fragmentée, divisée, multipliée pour être réemployée et réinventée.

Chaque création est une pièce unique, travaillée manuellement avec tout le soin et le temps nécessaire pour en assurer une belle réalisation.